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Forthcoming book · BPM — À l’écoute du monde

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L’ amour de la musique est contagieux

Excerpt from BPM — À l’écoute du monde · Work in progress · Daniel Yvinec

Je réalise au fil du temps à quel point l’amour de la musique est

une chose contagieuse. Cette transmission beaucoup ont eu la

chance de l’expérimenter durant leurs années de formation , c’est

comme une flamme qui passe de main en main, et à laquelle

beaucoup d’artistes feront référence jusqu’à leur dernier souffle.

Finalement les professeurs que l’on retient sont ceux qui font

éclore un sentiment qui déjà sommeille en nous. Cette idée

abstraite que la musique, cette chose impalpable, incertaine et

mystérieuse vaut la peine qu’on lui dédie notre existence. Dans le

cadre du travail, plus tard on remarque aussi comment se

connectent les amoureux , comment se reconnaissent ceux pour

qui la musique est tout. Lorsque l’on est au travail, dans l’action ,

toute le monde n’ a pas forcément ce même amour, cette même

dévotion, il faut alors transmettre ce désir comme on inocule un

virus, pour que tout le monde s’accorde au même diapason. Nous

n’ avons pas tous la même vision ,la même histoire, les mêmes

désirs, mais au moment où s’allume le bouton rouge de

l’enregistrement, ces différences doivent être gommées par une

énergie qui les balaie sur son passage, et cette énergie doit être

insufflée par le directeur artistique, elle doit être saisie au vo et

transformée en une matière palpable.

Il est intéressant d’observer un type comme Rick Rubin .Sa plus

grande force, il en convient lui-même, c’est son

enthousiasme ,c’est d’être "fan" des artistes avec lesquels il

travaille, de là débute la recherche d’une forme de

transcendance. Ces seuls arguments lui ont donné la force de

convaincre aussi bien des groupes de métal( Slayer) , de rap

( Beastie Boys , Public Enemy ) mais aussi Tom Petty, Johnny

Cash ou Paul Mc Cartney….Si l’on observe ce qui se joue dans

le documentaire McCartney 321( Disney + ) , on décèle

instantanément la capacité de Rubin à faire voyager dans le temps

le Beatle, qui lui-même en devient sidéré devant la grandeur ce

groupe d’exception qu’il a formé plusieurs décennies plus tôt. Si

l’enthousiasme et la pulsion de vie de Sir Paul sont légendaires,

c’est bel et bien Rubin qui la transcende ,qui le conduit sur ce

et qui "produit" cet instant.138

Dès que j’en ai l’occasion , j’écoute ou j’ échange avec les chefs

d’orchestre, et c’est peut-être finalement le fonction qui se

rapproche le plus de la façon dont je conçois la direction

artistique. Louis Langrée, qui fut à la tête du Cininatti Orchestra

durant des années et dirige maintenant l’Opéra Comique me

confiait il y a peu, n’ avoir" pas grand chose à faire" lorsque le

soliste est doté d’ une réelle vision de l’ oeuvre et lorsqu’il a le

charisme pour la porter . En tant que chef, Il a maintes fois assisté

la transfiguration de l’orchestre, dont le son prenait toute son

ampleur et sa cohésion par la seule présence d’un soliste

d’exception. Preuve supplémentaire que la grandeur de la

musique, son amour immodéré sont transmissibles et contagieux.